Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Anna Karina et Jeanne Moreau forment le quatuor que tout le monde cite quand on parle des visages féminins du cinéma français des sixties. Derrière elles, Simone Signoret, Anouk Aimée, Claudine Auger, Romy Schneider ou Françoise Dorléac ont fait de la décennie un âge d’or. Voici qui elles sont, ce qui les rend inoubliables et ce qu’elles sont devenues.
🎬 L’essentiel à retenir
Quatre noms en tête
Bardot, Deneuve, Karina et Moreau dominent la décennie.
Deux familles d’actrices
Visages de la Nouvelle Vague d’un côté, stars populaires et internationales de l’autre.
Des profils à redécouvrir
Pisier, Auger, Mercier et Dorléac méritent autant le détour.
| Actrice | Naissance | Film emblématique | Réalisateur |
|---|---|---|---|
| Brigitte Bardot | 1934 | Le Mépris (1963) | Jean-Luc Godard |
| Catherine Deneuve | 1943 | Les Parapluies de Cherbourg (1964) | Jacques Demy |
| Anna Karina | 1940 | Une femme est une femme (1961) | Jean-Luc Godard |
| Jeanne Moreau | 1928 | Jules et Jim (1962) | François Truffaut |
| Marie-France Pisier | 1944 | Antoine et Colette (1962) | François Truffaut |
| Simone Signoret | 1921 | La Nef des fous (1965) | Stanley Kramer |
| Michèle Morgan | 1920 | Landru (1963) | Claude Chabrol |
| Anouk Aimée | 1932 | Un homme et une femme (1966) | Claude Lelouch |
| Claudine Auger | 1941 | Opération Tonnerre (1965) | Terence Young |
| Michèle Mercier | 1939 | Angélique, marquise des anges (1964) | Bernard Borderie |
| Romy Schneider | 1938 | Le Procès (1962) | Orson Welles |
| Françoise Dorléac | 1942 | La Peau douce (1964) | François Truffaut |
Quelles actrices de la Nouvelle Vague étaient les muses des années 60 ?
Quand Truffaut, Godard ou Demy posent leur caméra dans la rue, ils filment des visages plutôt que des mythes. Cinq actrices en deviennent les emblèmes, chacune avec son registre.
Brigitte Bardot, la liberté faite icône
Révélée par Et Dieu… créa la femme, Brigitte Bardot devient dans les sixties un phénomène planétaire. Godard la dirige dans Le Mépris, tourné à Rome et à Capri, et Louis Malle la réunit avec Jeanne Moreau dans Viva Maria!, un duo de stars rarement égalé. Sa silhouette inspire la mode et la pop culture, jusqu’à Andy Warhol, qui lui consacre des portraits. Elle prête aussi ses traits à Marianne, première personnalité vivante à recevoir cet honneur.
Catherine Deneuve, l’élégance à la française
Catherine Deneuve débute à 13 ans, mais c’est Jacques Demy qui la révèle avec Les Parapluies de Cherbourg, un film entièrement chanté, couronné à Cannes. Sa blondeur glaciale séduit ensuite Roman Polanski (Répulsion) et Luis Buñuel (Belle de jour), qui fait d’elle une énigme. Truffaut la dirigera en fin de décennie. Avec plus de cent trente films, elle incarne l’élégance française, et l’UNESCO l’a nommée ambassadrice du patrimoine cinématographique.
Anna Karina, la muse de Godard
Danoise arrivée à Paris à 17 ans, Anna Karina devient la compagne et la muse de Jean-Luc Godard. Une femme est une femme lui vaut le prix d’interprétation à Berlin, puis viennent Vivre sa vie, Bande à part, Pierrot le fou et Alphaville. Son regard clair, son visage d’enfant et sa voix douce marquent toute une génération. Elle chante aussi, notamment pour Serge Gainsbourg, avec Sous le soleil exactement.
Jeanne Moreau, la grande dame du renouveau
Avec sa voix grave et ses paupières lourdes, Jeanne Moreau incarne la femme libre. Dans Jules et Jim de Truffaut, elle chante Le Tourbillon de la vie, devenu un classique de la chanson. Elle passe ensuite chez Antonioni, Buñuel et Orson Welles, ce qui lui donne une stature européenne rare. La critique la classe régulièrement parmi les plus grandes actrices françaises de tous les temps.
Marie-France Pisier, la complice de Truffaut
Marie-France Pisier est encore adolescente quand Truffaut lui confie le rôle de Colette dans Antoine et Colette, premier amour d’Antoine Doinel, joué par Jean-Pierre Léaud. Elle retrouve ce couple dans Baisers volés. Vive et espiègle, elle ne s’en tient pas à l’interprétation : scénariste puis réalisatrice, elle compte parmi les actrices aux talents les plus variés de cette liste.
Quelles stars du cinéma populaire et international ont aussi marqué la décennie ?
Hors de la Nouvelle Vague, d’autres actrices remplissent les salles, de Paris à Hollywood. Leurs carrières mêlent grands classiques, superproductions et rôles de composition.
Simone Signoret et Michèle Morgan, les grandes dames
Simone Signoret et Michèle Morgan sont les grandes dames de la génération précédente, toujours en tête d’affiche. Signoret domine les classements SensCritique des plus grandes actrices françaises, avec un Oscar à son actif et une nouvelle nomination pour La Nef des fous. Morgan, révélée par Quai des brumes avant la guerre, a été élue dix fois actrice française la plus populaire et a tourné jusqu’au seuil du siècle suivant.
Anouk Aimée et Claudine Auger, deux percées internationales
Anouk Aimée traverse La Dolce Vita de Fellini avant de conquérir le monde avec Un homme et une femme de Claude Lelouch : Golden Globe de la meilleure actrice et nomination à l’Oscar. Claudine Auger entre dans l’histoire comme première James Bond girl française, en incarnant Domino face à Sean Connery dans Opération Tonnerre. Deux voies, le cinéma d’auteur et la grande franchise, pour une même reconnaissance internationale.
Michèle Mercier et Romy Schneider, deux destins de sixties
Michèle Mercier, née à Nice, devient une héroïne populaire avec la saga Angélique, marquise des anges, tout en tournant pour Mario Bava face à Boris Karloff. Romy Schneider, Autrichienne installée en France, s’arrache à l’image de Sissi : Orson Welles la dirige dans Le Procès, puis Jacques Deray dans La Piscine, aux côtés d’Alain Delon. Deux beautés d’époque qui prouvent qu’elles étaient aussi de vraies actrices.
Françoise Dorléac, l’étoile filante
Françoise Dorléac, sœur aînée de Catherine Deneuve, brille chez Truffaut dans La Peau douce, face à Jean-Paul Belmondo dans L’Homme de Rio et chez Polanski dans Cul-de-sac. Elle meurt à 25 ans dans un accident de voiture, après seize films seulement. Les Demoiselles de Rochefort, tourné avec sa sœur, garde la trace de cette étoile filante.
Pourquoi les actrices françaises des sixties sont-elles devenues des icônes mondiales ?
Tout part d’un changement de regard. La Nouvelle Vague sort les caméras des studios, filme Paris, Capri ou Cherbourg en lumière naturelle et laisse la place à l’improvisation. Les comédiennes n’incarnent plus des types, elles apportent leur propre personnalité et deviennent des muses plus que de simples interprètes : Karina chez Godard, Pisier et Dorléac chez Truffaut, Deneuve chez Demy.
Le cinéma français connaît aussi un rayonnement inédit. Face aux divas hollywoodiennes, ces actrices proposent une féminité plus libre et plus naturelle, que la mode, la photographie et la presse relaient dans le monde entier. Sur disque, les chanteuses de la chanson française diffusent la même image de jeunesse insouciante.
Qui était la plus grande actrice française des années 60 ?
Tout dépend du critère retenu. Trois mesures donnent trois réponses :
- Notoriété mondiale : Brigitte Bardot, dont le visage s’impose bien au-delà du cinéma.
- Longévité et symbole culturel : Catherine Deneuve, toujours associée à l’élégance française.
- Importance artistique : Jeanne Moreau, Simone Signoret et Anna Karina, que la critique et les cinéphiles placent au sommet.
Pour la plus connue, Bardot l’emporte sans discussion. Pour la plus grande actrice au sens du jeu, Moreau et Signoret se disputent la première place, selon votre goût entre Nouvelle Vague et cinéma classique. Notre choix : Jeanne Moreau, pour l’ampleur de son œuvre et la liberté de ses rôles.
Que sont devenues les actrices françaises des années 60, sont-elles encore vivantes ?
Le temps a fait son œuvre, et la liste compte aujourd’hui de nombreuses disparues. Leurs destins suivent trois trajectoires :
- Des reconversions : Brigitte Bardot quitte le cinéma pour consacrer sa vie à la défense des animaux, tandis qu’Anna Karina et Marie-France Pisier passent à la réalisation et à l’écriture.
- Des carrières prolongées : Catherine Deneuve n’a jamais cessé de tourner, et Anouk Aimée retrouve Claude Lelouch plus d’un demi-siècle après leur premier film, dans Les Plus Belles Années d’une vie.
- Des disparitions marquantes : Françoise Dorléac à 25 ans, Romy Schneider à 43, Simone Signoret à 64, puis Jeanne Moreau et Michèle Morgan, à un âge avancé.
Beaucoup de ces visages avaient déjà brillé dans les années 50 et dominent encore les années 70, ce qui explique qu’on les retrouve dans toutes les rétrospectives. Pour Deneuve, Bardot, Aimée, Auger ou Mercier, la situation évolue : une recherche récente vous donnera l’information exacte sur leur vie actuelle.
Quels films voir pour (re)découvrir ces actrices dès ce soir ?
Pour entrer dans l’époque, un film par actrice suffit :
- Le Mépris pour Brigitte Bardot et la lumière de Capri
- Les Parapluies de Cherbourg pour Catherine Deneuve
- Une femme est une femme pour Anna Karina
- Jules et Jim pour Jeanne Moreau
- Un homme et une femme pour Anouk Aimée
- Opération Tonnerre pour Claudine Auger
Choisissez selon votre humeur, lancez une soirée cinéma en famille et laissez la génération de vos parents vous raconter laquelle de ces actrices a marqué sa jeunesse.


